{"id":40216,"date":"2026-10-22T04:06:48","date_gmt":"2026-10-22T04:06:48","guid":{"rendered":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/?p=40216"},"modified":"2026-10-22T04:07:16","modified_gmt":"2026-10-22T04:07:16","slug":"40216","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/?p=40216","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Coward\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Karma\u00a0\u00bb, de belles affiches pour vos salles de cin\u00e9ma !"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>\u00ab&nbsp;COWARD&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lukas Dhont, v\u00e9ritable wonderboy du cin\u00e9ma belge a pr\u00e9sent\u00e9 au dernier Festival de Cannes son 3<sup>\u00e8me<\/sup> long m\u00e9trage \u00ab&nbsp;<strong>Coward<\/strong>&nbsp;\u00bb, en comp\u00e9tition officielle apr\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>Girl<\/strong>&nbsp;\u00bb Cam\u00e9ra d\u2019Or du Meilleur 1<sup>er<\/sup> film en 2018 et \u00ab&nbsp;<strong>Close<\/strong>&nbsp;\u00bb Grand Prix du Jury en 2022.&nbsp; Il fut cette ann\u00e9e encore au palmar\u00e8s par le biais d\u2019un magnifique prix d\u2019interpr\u00e9tation pour ses 2 com\u00e9diens n\u00e9ophytes&nbsp;: Emmanuel Macchia et Valentin Campagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il situe l\u2019action de son film pendant la 1<sup>\u00e8re<\/sup> guerre mondiale sans pour autant qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019un v\u00e9ritable film de guerre ou d\u2019une ni\u00e8me reconstitution historique.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1916, sur le front belge Pierre, jeune conscrit venu du monde paysan, exalt\u00e9 par l\u2019id\u00e9e du sacrifice, rejoint les tranch\u00e9es pour y \u00e9prouver son courage.&nbsp; Derri\u00e8re les lignes, il rencontre Francis, soldat plus flamboyant, charg\u00e9 de ravitaillement et organisateur de revues destin\u00e9es \u00e0 soutenir le moral des combattants. Entre les bombardements, la boue et la peur, les deux hommes nouent une relation amoureuse fragile et al\u00e9atoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9alisateur oppose ainsi deux th\u00e9\u00e2tres&nbsp;: celui de la guerre avec ses r\u00f4les virils et son culte de l\u2019ob\u00e9issance&nbsp; et celui de la sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019uniforme se d\u00e9fait et o\u00f9 les corps peuvent exister autrement.&nbsp; Lukas Dhont s\u2019int\u00e9resse aux visages, aux corps emp\u00each\u00e9s, aux d\u00e9sirs contraints et aux identit\u00e9s diff\u00e9rentes que l\u2019ordre social cherche \u00e0 faire taire. La cam\u00e9ra souvent proche des acteurs capte la tension int\u00e9rieure de Pierre et la belle \u00e9nergie de Francis et cr\u00e9e un espace resserr\u00e9 pour que leur attirance puisse s\u2019exprimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film repose sur ce contraste entre la brutalit\u00e9 du front et des sc\u00e8nes de guerre et la d\u00e9licatesse d\u2019un d\u00e9sir qui doit se cacher pour survivre.&nbsp; Les num\u00e9ros musicaux sont au c\u0153ur de cette dualit\u00e9 non comme des parenth\u00e8ses pittoresques mais comme des espaces de v\u00e9rit\u00e9.&nbsp; Ainsi les soldats ne jouent pas seulement la com\u00e9die, ils expriment d\u2019autres fa\u00e7ons d\u2019habiter leur corps. Ces s\u00e9quences m\u00ealent le grotesque et le sublime et transforment l\u2019apparent divertissement en un poignant t\u00e9moignage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film interroge aussi sur la notion de courage avec un titre ambivalent \u00ab&nbsp;Coward&nbsp;\u00bb qui veut dire l\u00e2che et qui sera identifi\u00e9 par \u00ab&nbsp;Les braves&nbsp;\u00bb dans sa sortie fran\u00e7aise.&nbsp; Le courage est-il du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019exploit de guerre et de l\u2019assaut sanguinaire ou de cette d\u00e9sob\u00e9issance intime qui consiste \u00e0 reconna\u00eetre un d\u00e9sir interdit et d\u2019affirmer avec audace la force d\u2019aimer dans un monde vou\u00e9 \u00e0 la destruction.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<strong>Coward<\/strong>&nbsp;\u00bb est une \u0153uvre touchante, bouleversante, \u00e9minemment politique dans son acception humaniste.&nbsp; Elle rappelle que la 1<sup>\u00e8re<\/sup> guerre mondiale fut une catastrophe militaire et une ignoble boucherie (ce que le film ne montre pas) mais qu\u2019elle a aussi bafou\u00e9 les identit\u00e9s et avili les \u00e2mes.&nbsp; En pla\u00e7ant au c\u0153ur de ce conflit, deux soldats qui s\u2019aiment, Lukas Dhont refuse l\u2019id\u00e9e que le courage se mesure \u00e0 l\u2019acte h\u00e9ro\u00efque et que aimer quelqu\u2019un en ces circonstances est un v\u00e9ritable geste de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"310\" height=\"420\" src=\"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/940afff3ed3b09677bf94e2bc7c3009b.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-40218\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;KARMA&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>20 ans apr\u00e8s son premier long m\u00e9trage \u00ab&nbsp;<strong>Ne le dis \u00e0 personne<\/strong>&nbsp;\u00bb qui lui valut d\u2019embl\u00e9e le C\u00e9sar du meilleur r\u00e9alisateur, Guillaume Canet r\u00e9alise son 9<sup>\u00e8me<\/sup> long m\u00e9trage <strong>\u00ab&nbsp;Karma<\/strong>&nbsp;\u00bb un thriller psychologique sombre port\u00e9 par une Marion Cotillard v\u00e9ritablement habit\u00e9e par son personnage.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un village du nord de l\u2019Espagne, Jeanne tente de reconstruire une vie paisible aupr\u00e8s de Daniel qui ignore l\u2019essentiel de son pass\u00e9, elle cache une fragilit\u00e9 et semble&nbsp; vivre sous la menace invisible d\u2019un secret enfoui dans sa m\u00e9moire.&nbsp; Tout bascule lorsque Mat\u00e9o, son filleul de 6 ans dispara\u00eet apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 vu avec elle au bord d\u2019une rivi\u00e8re. Soup\u00e7onn\u00e9e par la police Jeanne fuit vers la France et se r\u00e9fugie dans la communaut\u00e9 religieuse de St C\u00e9r\u00e9 o\u00f9 elle a grandi dirig\u00e9e par Marc, un omnipotent patriarche \u00e0 la fois charismatique et terrifiant. L\u00e0 vivent quelques familles recluses et coup\u00e9e du monde.&nbsp; Daniel, son compagnon, part \u00e0 sa recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re du d\u00e9but succ\u00e8de une autre forme de thriller proche du huis-clos horrifique o\u00f9 l\u2019atmosph\u00e8re devient de plus en plus oppressante au fur et \u00e0 mesure que l\u2019intrigue progresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume Canet construit ainsi un r\u00e9cit \u00e0 deux mouvements&nbsp;: l\u2019enqu\u00eate ext\u00e9rieure avec la police et Daniel et le retour int\u00e9rieur de Jeanne dans la Communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne met&nbsp; en opposition la r\u00e9gion espagnole de la Galice ouverte et venteuse et l\u2019abbaye close de St C\u00e9r\u00e9, espace de surveillance, de p\u00e9nitence et de peur. La vie et la libert\u00e9 d\u2019une part, l\u2019enfermement mortif\u00e8re d\u2019autre part.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de l\u2019horreur sectaire aurait sans doute pu \u00eatre davantage approfondi&nbsp;: Guillaume Canet ne creuse ni les m\u00e9canismes de l\u2019emprise, ni la r\u00e9flexion autour des violences p\u00e9docriminelles qu\u2019il d\u00e9nonce. D\u00e8s lors, cet aspect pr\u00e9pond\u00e9rant du film manque de force et d\u2019intensit\u00e9. M\u00eame si on tremble et on s\u2019inqui\u00e8te lors de certaines sc\u00e8nes de violence et de brutalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Marion Cotillard incarne une h\u00e9ro\u00efne \u00e0 la d\u00e9rive, \u00e0 la fois coupable possible, victime et survivante, qui passe de l\u2019\u00e9garement \u00e0 la soumission et de la soumission \u00e0 la r\u00e9volte. Une interpr\u00e9tation d\u2019une \u00e9tonnante puissance physique et psychologique. Face \u00e0 elle le tr\u00e8s imposant Denis Menochet ne joue pas seulement un gourou mais incarne une forme de violence patriarcale et religieuse.&nbsp; Enfin le film aurait gagn\u00e9 en efficacit\u00e9 et en subtilit\u00e9 si Guillaume Canet en avait resserr\u00e9 la longueur et le montage qui s\u2019\u00e9tirent sur pr\u00e8s de 2h30.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Andr\u00e9 CEUTERICK<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;COWARD&nbsp;\u00bb Lukas Dhont, v\u00e9ritable wonderboy du cin\u00e9ma belge a pr\u00e9sent\u00e9 au dernier Festival de Cannes son 3\u00e8me long m\u00e9trage \u00ab&nbsp;Coward&nbsp;\u00bb, en comp\u00e9tition officielle apr\u00e8s \u00ab&nbsp;Girl&nbsp;\u00bb Cam\u00e9ra d\u2019Or du Meilleur 1er film en 2018 et \u00ab&nbsp;Close&nbsp;\u00bb Grand Prix du Jury en 2022.&nbsp; Il fut cette ann\u00e9e encore au palmar\u00e8s par le biais d\u2019un magnifique prix d\u2019interpr\u00e9tation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":40217,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-40216","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-infos"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=40216"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":40221,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40216\/revisions\/40221"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/40217"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=40216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=40216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=40216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}