{"id":39568,"date":"2026-09-10T05:43:18","date_gmt":"2026-09-10T05:43:18","guid":{"rendered":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/?p=39568"},"modified":"2026-09-10T05:44:54","modified_gmt":"2026-09-10T05:44:54","slug":"rose-se-passe-en-allemagne-et-degel-au-chili-on-voyage-avec-les-nouveaux-films-a-laffiche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/?p=39568","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Rose\u00a0\u00bb se passe en Allemagne et \u00ab\u00a0D\u00e9gel\u00a0\u00bb au Chili, on voyage avec les nouveaux films \u00e0 l&rsquo;affiche"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>\u00abRose\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est que le deuxi\u00e8me film pour le cin\u00e9ma du r\u00e9alisateur autrichien Markus Schleinzer dont on avait vue \u00ab&nbsp;<strong>Micha\u00ebl<\/strong>&nbsp;\u00bb en comp\u00e9tition \u00e0 Cannes en 2011.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<strong>Rose<\/strong>&nbsp;\u00bb est un film impressionnant, dur, gla\u00e7ant, un r\u00e9cit historique, inspir\u00e9 d&rsquo;un fait divers r\u00e9el qui se situe au lendemain de la guerre de Trente Ans, en 1648, dans un village de la campagne allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>Rose, le visage ab\u00eem\u00e9 par une mauvaise blessure, d\u00e9cide de tourner la page de sa vie de \u00ab&nbsp;soldate&nbsp;\u00bb.&nbsp; En se faisant passer pour un homme et en utilisant les documents d&rsquo;un camarade mort au combat, elle revendique l&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;une ferme \u00e0 l&rsquo;abandon sur le territoire d&rsquo;une communaut\u00e9 protestante. Apr\u00e8s 1 an de travail acharn\u00e9, Rose a fait prosp\u00e9rer la ferme et veut s&rsquo;\u00e9tendre en acqu\u00e9rant un lopin de terre et un ruisseau avoisinant.&nbsp; Le propri\u00e9taire accepte \u00e0 condition qu&rsquo;elle \u00e9pouse l&rsquo;une de ses cinq filles, Suzanna.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Rose, c&rsquo;est une autre \u00e9preuve de v\u00e9rit\u00e9 qui commence, ambigu\u00eb et complexe, une imposture dont Suzanna devient complice, mais la vindicte populaire gronde &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui veut changer de vie, en rev\u00eatant le pantalon d&rsquo;un homme pour prendre sa place dans une soci\u00e9t\u00e9 sectaire, violente et brutale, totalement soumise \u00e0 la religion.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit certes d&rsquo;une forme de manifeste f\u00e9ministe situ\u00e9 dans des lieux et temps recul\u00e9s, mais c&rsquo;est surtout une incroyable aventure humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film est con\u00e7u, au d\u00e9part, comme la narration de l&rsquo;histoire de Rose, avec une voix off distanci\u00e9e, Rose dont on saisit aussi la vie, de mani\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9aliste, avec de temps \u00e0 autre, le retour \u00e0 la narration ext\u00e9rieure comme pour objectiver le r\u00e9cit.&nbsp; Comme si le r\u00e9alisateur avait voulu m\u00ealer le conte et la fiction, une fiction baign\u00e9e dans un noir et blanc \u00e2pre et rugueux et une atmosph\u00e8re picturale hors du temps.&nbsp; Le sujet, l&rsquo;esth\u00e9tique, le parti pris narratif forme un tout cin\u00e9matographique assez hallucinant.<\/p>\n\n\n\n<p>Et que dire de l&rsquo;interpr\u00e9tation exceptionnelle de Sandra H\u00fcller qui transgresse ici tous les codes de l&rsquo;art et de l&rsquo;expression dramatiques.&nbsp; Apr\u00e8s ses autres prestations magistrales dans \u00ab&nbsp;<strong>Anatomie d&rsquo;une chute&nbsp;<\/strong>\u00bb, \u00ab&nbsp;<strong>La zone d&rsquo;int\u00e9r\u00eat<\/strong>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<strong>Toni Erdmann<\/strong>&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;<strong>Father Land&nbsp;<\/strong>\u00bb prim\u00e9 \u00e0 Cannes en mai dernier et qu&rsquo;on verra prochainement, Sandra H\u00fcller est assur\u00e9ment la meilleure com\u00e9dienne europ\u00e9enne actuelle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39569\" srcset=\"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666-300x300.jpg 300w, https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666-150x150.jpg 150w, https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666-768x768.jpg 768w, https:\/\/hainaut.sudradio.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6a88607cca8e0123968666.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00abD\u00e9gel&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>Chili 1976<\/strong>&nbsp;\u00bb dont l&rsquo;action se situait trois ans apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat, en pleine dictature militaire, Manuela Martelli transpose le sujet de son nouveau film, \u00ab&nbsp;<strong>D\u00e9gel&nbsp;<\/strong>\u00bb, en 1992, alors que Pinochet a quitt\u00e9 le pouvoir et que la \u00ab&nbsp;transition&nbsp;\u00bb est&nbsp; cens\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 faite \u00ab&nbsp;dans le calme&nbsp;\u00bb et normalement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fil conducteur du r\u00e9cit, c&rsquo;est la petite In\u00e8s, une gamine de 9 ans qui vit, sous la garde de ses grands parents dans leur h\u00f4tel \u00ab&nbsp;touristique&nbsp;\u00bb, pr\u00e8s d&rsquo;une station de ski dans les montagnes chiliennes, alors que ses parents sont \u00e0 l&rsquo;exposition universelle de S\u00e9ville, pour vanter le renouveau du Chili post-dictature.&nbsp; Un peu livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, elle passe son temps avec les employ\u00e9es, explore les chambres des clients et se prom\u00e8ne dans les bois enneig\u00e9s.&nbsp; Une \u00e9quipe de&nbsp; jeunes skieurs allemands arrive \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel pour s&rsquo;entra\u00eener pendant l&rsquo;hiver.&nbsp; In\u00e8s se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec Hanna, une adolescente de 14 ans, avec qui elle passe du temps entre deux s\u00e9ances d&rsquo;entra\u00eenement.&nbsp; Un soir, Hanna rentre tard d&rsquo;une soir\u00e9e et In\u00e8s vient dormir avec elle.&nbsp; Pendant la nuit, elle voit l&rsquo;un de ses cousins, plus \u00e2g\u00e9s qu&rsquo;elle, venir draguer Hanna et la convaincre de poursuivre la nuit au dehors.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, Hanna a disparu.&nbsp; La police est pr\u00e9venue. Personne ne sait rien &#8230; sauf In\u00e8s qui a vu les deux jeunes gens s&#8217;embrasser pendant la nuit et partir ensemble mais sa grand-m\u00e8re lui ordonne de ne rien dire, pour l&rsquo;avenir de la famille, la tranquillit\u00e9 du village, etc. &#8230;&nbsp; In\u00e8s se tait, alors qu&rsquo;elle voit son cousin quitter pr\u00e9cipitamment l&rsquo;h\u00f4tel sur ordre de ses grands-parents &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La cam\u00e9ra de Manuela Martelli s&rsquo;attache aux mouvements d&rsquo;In\u00e8s qui, assiste, un peu&nbsp; \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, \u00e0 l&rsquo;agitation ambiante&nbsp;: les recherches de la police, les battues des guides de montagne, l&rsquo;intervention de militaires, etc. &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son regard fixe, qui impressionne, on pense lire une certaine culpabilit\u00e9, en tant que t\u00e9moin involontaire du drame.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec cette histoire faussement anecdotique, Manuela Martelli met en exergue la persistance de ces m\u00e9canismes fascistes dans la soci\u00e9t\u00e9 chilienne post-Pinochet.&nbsp; Elle r\u00e9active ainsi, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, le souvenir de tous ces \u00ab&nbsp;disparus de la dictature&nbsp;\u00bb et r\u00e9installe, symboliquement, la chape de plomb d&rsquo;un silence organis\u00e9 et tout puissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on se dit aussi que la petite In\u00e8s devra vivre avec son douloureux secret &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Andr\u00e9 CEUTERICK<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abRose\u00bb Ce n&rsquo;est que le deuxi\u00e8me film pour le cin\u00e9ma du r\u00e9alisateur autrichien Markus Schleinzer dont on avait vue \u00ab&nbsp;Micha\u00ebl&nbsp;\u00bb en comp\u00e9tition \u00e0 Cannes en 2011. \u00ab&nbsp;Rose&nbsp;\u00bb est un film impressionnant, dur, gla\u00e7ant, un r\u00e9cit historique, inspir\u00e9 d&rsquo;un fait divers r\u00e9el qui se situe au lendemain de la guerre de Trente Ans, en 1648, dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":39570,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-39568","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-infos"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=39568"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39568\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":39572,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39568\/revisions\/39572"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/39570"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=39568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=39568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hainaut.sudradio.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=39568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}