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Clap ciné : zoom sur le Festival du Film Francophone de Namur !
Publié le 1 octobre, 2026

41ème Festival du Film Francophone de Namur

Depuis 2 ans, le FIFF se déroule sur 5 jours, au lieu de 7 précédemment, mais avec toujours beaucoup d’activités, diversifiées, festives et professionnelles, culturelles et ludiques, des rencontres, des conférences, des animations musicales et des films, bien sûr, des longs métrages, des courts, des documentaires, répartis dans les différentes compétitions :

Quelques films à épingler :

  • « Demain, je tombe amoureux » de Martin Provost (en séance de clôture) avec F. Luchini, Emmanuelle Devos, Chiara Mastroianni, Carole Bouquet. Luchini tel qu’en lui-même dans le rôle d’un prof, quitté par sa femme, alors qu’il s’apprête  prendre sa retraite.  Un personnage touchant et bien sûr un peu emphatique.
  • « 15/ 18 » : le nouveau film de Cédric Kahn, au cœur d’une unité de soins pédopsychiatriques d’un hôpital public, où tous les patients ont entre 15 et 18 ans. Sensible et interpellant.
  • « Si tu penses bien » de Géradine Nakache, avec Monia Chokri et Niels Schneider : un coup de foudre  puis progressivement un couple en enfermement où le mari prend progressivement le contrôle de la vie de sa femme mais : « si elle pense bien, il ne lui arrivera rien … » : intense et angoissant.  Sans doute le meilleur film du festival.
  • « Congo boy » : à travers l’histoire d’un jeune gars qui rêve de faire carrière dans la musique, d’origine congolaise réfugié en Centre Afrique, le problème de la migration intracontinentale en Afrique.  Assez touchant et … musical.

Etc …

Ce soir : en ouverture : « Ni vue, ni connue » de Marc Fitoussi

Un pitch assez drôle et original.  Cela se passe dans le milieu du cinéma où Sandrine Kiberlain joue le rôle de la star Sandrine Kiberlain et Isabelle Huppert, celui d’une éternelle figurante, qui arpente les plateaux depuis des années, en espérant trouver enfin un vrai rôle … Les deux femmes se rencontrent mais l’une reste dans l’ombre de l’autre …

(en présence de Marc Fitoussi).

Le jury de la compétition officielle est présidé par le réalisateur belge, d’origine guatémaltèque, César Diaz, caméra d’or du meilleur premier film au festival de Cannes en 2019 avec « Nuestras Madres ».

A épingler enfin un coup de cœur à Nicole Garcia, comédienne et réalisatrice française, une rencontre avec le public et la présentation de son dernier film : « 7h40, ce matin-là » avec Marion Cotillard.

Critique du film «Notre Salut »

C’est la révélation du dernier festival de Cannes où « Notre Salut », un film belge réalisé par Emmanuel Marre, a obtenu le Prix du meilleur scénario.

Emmanuel Marre s’appuie sur la correspondance privée de Henri Marre, son arrière grand-père, le « héros » du film (interprété par Swann Arlaud avec une extraordinaire justesse), pour effectuer une subtile et implacable plongée dans le Régime de Vichy.

En septembre 1940, Henri Marre, ingénieur ruiné de 49 ans, arrive à Vichy avec l’ambition de mettre ses compétences au service du nouvel État Français et il compte diffuser son livre « Notre Salut », un opuscule politique qui doit permettre de redresser un pays qui vient de subir la débâcle face à l’Allemagne Nazie.

Après avoir laissé femme et enfants à Paris, il commence à monter en grade à Vichy et intègre le Ministère du Travail.  Dans son sillage, on mesure la veulerie du régime de Vichy qui, sous prétexte de vouloir protéger une certaine France, pactise avec l’occupant et tombe dans la collaboration à tous niveaux : moralement, éthiquement, physiquement, financièrement. Et petit à petit, tout devient acceptable, même l’innommable : livrer des juifs …

Dans un film magistral qui traite également du Service du Travail Obligatoire et de la bascule radicale de certains fonctionnaires nationalistes, Emmanuel Marre s’attache avec force à démontrer que la collaboration était exercée par des hommes ordinaires, quelconques mais actifs, des contemporains d’Henri Marre englués dans une machine administrative morbide, qui construisent, à leur manière, une page de la sale Histoire.

« Notre Salut » est un film intelligent, nécessaire, fascinant, qui échappe au piège de la reconstruction historique ou de la démarche muséale et s’installe à l’intérieur du quotidien administratif et relationnel de ces personnages «  malfaisants et criminels » dans des décors âpres, froids, épurés, souvent éclairés d’une lumière crue et blafarde, où une caméra portée, souvent en plans serrés, scrute les visages, les gestes, les comportements.

« Notre Salut » est un très grand film sur un sujet jamais traité avec une telle pertinence, à la fois réaliste et bien documenté. Ce sera désormais le film de référence sur la Collaboration.

                                                                                                                   André CEUTERICK

Clap ciné : zoom sur le Festival du Film Francophone de Namur !
Publié le 1 octobre, 2026

41ème Festival du Film Francophone de Namur

Depuis 2 ans, le FIFF se déroule sur 5 jours, au lieu de 7 précédemment, mais avec toujours beaucoup d’activités, diversifiées, festives et professionnelles, culturelles et ludiques, des rencontres, des conférences, des animations musicales et des films, bien sûr, des longs métrages, des courts, des documentaires, répartis dans les différentes compétitions :

Quelques films à épingler :

  • « Demain, je tombe amoureux » de Martin Provost (en séance de clôture) avec F. Luchini, Emmanuelle Devos, Chiara Mastroianni, Carole Bouquet. Luchini tel qu’en lui-même dans le rôle d’un prof, quitté par sa femme, alors qu’il s’apprête  prendre sa retraite.  Un personnage touchant et bien sûr un peu emphatique.
  • « 15/ 18 » : le nouveau film de Cédric Kahn, au cœur d’une unité de soins pédopsychiatriques d’un hôpital public, où tous les patients ont entre 15 et 18 ans. Sensible et interpellant.
  • « Si tu penses bien » de Géradine Nakache, avec Monia Chokri et Niels Schneider : un coup de foudre  puis progressivement un couple en enfermement où le mari prend progressivement le contrôle de la vie de sa femme mais : « si elle pense bien, il ne lui arrivera rien … » : intense et angoissant.  Sans doute le meilleur film du festival.
  • « Congo boy » : à travers l’histoire d’un jeune gars qui rêve de faire carrière dans la musique, d’origine congolaise réfugié en Centre Afrique, le problème de la migration intracontinentale en Afrique.  Assez touchant et … musical.

Etc …

Ce soir : en ouverture : « Ni vue, ni connue » de Marc Fitoussi

Un pitch assez drôle et original.  Cela se passe dans le milieu du cinéma où Sandrine Kiberlain joue le rôle de la star Sandrine Kiberlain et Isabelle Huppert, celui d’une éternelle figurante, qui arpente les plateaux depuis des années, en espérant trouver enfin un vrai rôle … Les deux femmes se rencontrent mais l’une reste dans l’ombre de l’autre …

(en présence de Marc Fitoussi).

Le jury de la compétition officielle est présidé par le réalisateur belge, d’origine guatémaltèque, César Diaz, caméra d’or du meilleur premier film au festival de Cannes en 2019 avec « Nuestras Madres ».

A épingler enfin un coup de cœur à Nicole Garcia, comédienne et réalisatrice française, une rencontre avec le public et la présentation de son dernier film : « 7h40, ce matin-là » avec Marion Cotillard.

Critique du film «Notre Salut »

C’est la révélation du dernier festival de Cannes où « Notre Salut », un film belge réalisé par Emmanuel Marre, a obtenu le Prix du meilleur scénario.

Emmanuel Marre s’appuie sur la correspondance privée de Henri Marre, son arrière grand-père, le « héros » du film (interprété par Swann Arlaud avec une extraordinaire justesse), pour effectuer une subtile et implacable plongée dans le Régime de Vichy.

En septembre 1940, Henri Marre, ingénieur ruiné de 49 ans, arrive à Vichy avec l’ambition de mettre ses compétences au service du nouvel État Français et il compte diffuser son livre « Notre Salut », un opuscule politique qui doit permettre de redresser un pays qui vient de subir la débâcle face à l’Allemagne Nazie.

Après avoir laissé femme et enfants à Paris, il commence à monter en grade à Vichy et intègre le Ministère du Travail.  Dans son sillage, on mesure la veulerie du régime de Vichy qui, sous prétexte de vouloir protéger une certaine France, pactise avec l’occupant et tombe dans la collaboration à tous niveaux : moralement, éthiquement, physiquement, financièrement. Et petit à petit, tout devient acceptable, même l’innommable : livrer des juifs …

Dans un film magistral qui traite également du Service du Travail Obligatoire et de la bascule radicale de certains fonctionnaires nationalistes, Emmanuel Marre s’attache avec force à démontrer que la collaboration était exercée par des hommes ordinaires, quelconques mais actifs, des contemporains d’Henri Marre englués dans une machine administrative morbide, qui construisent, à leur manière, une page de la sale Histoire.

« Notre Salut » est un film intelligent, nécessaire, fascinant, qui échappe au piège de la reconstruction historique ou de la démarche muséale et s’installe à l’intérieur du quotidien administratif et relationnel de ces personnages «  malfaisants et criminels » dans des décors âpres, froids, épurés, souvent éclairés d’une lumière crue et blafarde, où une caméra portée, souvent en plans serrés, scrute les visages, les gestes, les comportements.

« Notre Salut » est un très grand film sur un sujet jamais traité avec une telle pertinence, à la fois réaliste et bien documenté. Ce sera désormais le film de référence sur la Collaboration.

                                                                                                                   André CEUTERICK