« Garance »
Les réalisatrices et actrices françaises font l’actualité de cette rentrée cinématographique, et de la meilleure manière qui soit.
Après l’excellent portrait de « La vie d’une femme » de Charline Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, voici le formidable « Garance » de Jeanne Herry, avec la bouleversante Adèle Exarchopoulos et la lumineuse Sara Giraudeau.
Une autre histoire d’amour entre 2 femmes, magistralement racontée et mise en scène par Jeanne Henry, après les mémorables « Pupille » et « Je verrai toujours vos visages ».
Garance est comédienne au sein d’une troupe de théâtre. Entre répétitions, tournées et spectacles pour enfants, elle mène une vie professionnelle assez précaire, rythmée par le vin blanc et les lendemains difficiles. Car, en coulisses, Garance boit beaucoup, souvent, tout le temps.
Côté vie privée, c’est la galère : elle quitte Joackim et ses copains squatters et déménage d’un coin à l’autre. Elle s’amuse, se libère, découvre son homosexualité au cours d’une soirée très arrosée.
Elle boit toujours plus, s’abîme physiquement et se fait virer de la troupe.
Au détour d’une errance incertaine, elle rencontre Pauline, un cœur esseulé et solitaire : c’est l’attirance immédiate et la fulgurance d’une improbable histoire d’amour …
Avec une caméra nerveuse et virevoltante, Jeanne Herry nous emmène dans le sillage de Garance, d’une aventure à l’autre, sans le moindre répit, et nous fait vivre intensément la dérive de cette femme pourtant attachante. En exergue, il y a son addiction toujours plus persistante, qu’elle finit par assumer sans plus d’esquive ni de faux semblant, comme elle en prévient Pauline avec une sincérité déconcertante.
Mais pour Jeanne Henry : pas de clichés, pas d’envolées excessives, pas de misérabilisme, pas d’apitoiement mélo-tragique. Elle exprime la réalité matérielle, concrète, humaine du problème : perte d’emploi, rejet social, mise à l’écart du groupe, déchéance physique, isolement affectif et moral …
La narration est puissante, fluide, limpide et la mise en scène percutante, centrée sur un personnage certes avili et destructeur mais dont elle révèle aussi la douceur intérieure et la générosité humaine. Garance, c’est l’autre vie d’Adèle, après Kechiche, cette fois transcendée par Jeanne Herry.

« Heart of the beast » (le cœur de la bête)
12 ans après « Fury » dont l’action se passait à la fin de la 2ème guerre mondiale, Brad Pitt retrouve le réalisateur David Ayen pour « Heart the Beast », un film d’action et de survie, spectaculaire mais classique et conventionnel.
Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces marines spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, fidèle compagnon de combat à la retraite.
Coupés du monde dans un paysage isolé et hostile, l’homme et l’animal s’en remettent l’un à l’autre et puisent dans leurs dernières forces pour échapper à la mort.
Basé sur un scénario linéaire et répétitif, « Heart of the Beast » vaut surtout par la force impressionnante que dégage le duo formé par l’ex-héros de guerre et son fidèle compagnon canin.
Le réalisateur multiplie les péripéties auxquelles sont confrontés les deux héros : après le crash aérien, une chute dans une rivière très sauvage, l’attaque d’un ours puis d’une meute de loups, les tempêtes glaciales, etc. … Brad Pitt, très physique, très expressif tient la grande forme et le chien rend la pareille, dans des scènes souvent haletantes, à défaut d’être réellement passionnantes. Mais la bande son, envahissante et tonitruante, finit par nous insupporter !
André CEUTERICK
« Garance »
Les réalisatrices et actrices françaises font l’actualité de cette rentrée cinématographique, et de la meilleure manière qui soit.
Après l’excellent portrait de « La vie d’une femme » de Charline Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, voici le formidable « Garance » de Jeanne Herry, avec la bouleversante Adèle Exarchopoulos et la lumineuse Sara Giraudeau.
Une autre histoire d’amour entre 2 femmes, magistralement racontée et mise en scène par Jeanne Henry, après les mémorables « Pupille » et « Je verrai toujours vos visages ».
Garance est comédienne au sein d’une troupe de théâtre. Entre répétitions, tournées et spectacles pour enfants, elle mène une vie professionnelle assez précaire, rythmée par le vin blanc et les lendemains difficiles. Car, en coulisses, Garance boit beaucoup, souvent, tout le temps.
Côté vie privée, c’est la galère : elle quitte Joackim et ses copains squatters et déménage d’un coin à l’autre. Elle s’amuse, se libère, découvre son homosexualité au cours d’une soirée très arrosée.
Elle boit toujours plus, s’abîme physiquement et se fait virer de la troupe.
Au détour d’une errance incertaine, elle rencontre Pauline, un cœur esseulé et solitaire : c’est l’attirance immédiate et la fulgurance d’une improbable histoire d’amour …
Avec une caméra nerveuse et virevoltante, Jeanne Herry nous emmène dans le sillage de Garance, d’une aventure à l’autre, sans le moindre répit, et nous fait vivre intensément la dérive de cette femme pourtant attachante. En exergue, il y a son addiction toujours plus persistante, qu’elle finit par assumer sans plus d’esquive ni de faux semblant, comme elle en prévient Pauline avec une sincérité déconcertante.
Mais pour Jeanne Henry : pas de clichés, pas d’envolées excessives, pas de misérabilisme, pas d’apitoiement mélo-tragique. Elle exprime la réalité matérielle, concrète, humaine du problème : perte d’emploi, rejet social, mise à l’écart du groupe, déchéance physique, isolement affectif et moral …
La narration est puissante, fluide, limpide et la mise en scène percutante, centrée sur un personnage certes avili et destructeur mais dont elle révèle aussi la douceur intérieure et la générosité humaine. Garance, c’est l’autre vie d’Adèle, après Kechiche, cette fois transcendée par Jeanne Herry.

« Heart of the beast » (le cœur de la bête)
12 ans après « Fury » dont l’action se passait à la fin de la 2ème guerre mondiale, Brad Pitt retrouve le réalisateur David Ayen pour « Heart the Beast », un film d’action et de survie, spectaculaire mais classique et conventionnel.
Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces marines spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, fidèle compagnon de combat à la retraite.
Coupés du monde dans un paysage isolé et hostile, l’homme et l’animal s’en remettent l’un à l’autre et puisent dans leurs dernières forces pour échapper à la mort.
Basé sur un scénario linéaire et répétitif, « Heart of the Beast » vaut surtout par la force impressionnante que dégage le duo formé par l’ex-héros de guerre et son fidèle compagnon canin.
Le réalisateur multiplie les péripéties auxquelles sont confrontés les deux héros : après le crash aérien, une chute dans une rivière très sauvage, l’attaque d’un ours puis d’une meute de loups, les tempêtes glaciales, etc. … Brad Pitt, très physique, très expressif tient la grande forme et le chien rend la pareille, dans des scènes souvent haletantes, à défaut d’être réellement passionnantes. Mais la bande son, envahissante et tonitruante, finit par nous insupporter !
André CEUTERICK